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À propos

Saskia van Rooijen
Visual Artist


Saskia van Rooijen explore à travers le dessin, le corps et les limites de sa représentation à l'endroit où la chair devient chair ou chimère.

Le dessin pour questionner le tissu du réel entre présence et absence.

 

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Memento de chair

Alain Chareyre-Mejan

Philosophe, spécialiste d'Esthétique

Regard sur...

Quelques bribes sur ces morceaux de corps qui se montrent et avec lesquels se met en question le dedans et le dehors d’êtres qui ne sont pas des personnes mais qui ont une dimension anthropomorphe cependant. 

Synecdoques, les restes, bouts, morceaux de corps qui valent pour le corps entier, des parties qui valent pour le tout ou qui en tiennent lieu. 

 

 

Des dessins qui sont des sculptures... mais en peau.

Il n’y a rien à l’intérieur seulement le dehors qu’elles exhibent est comme un dedans retourné : la surface y tient lieu de profondeur.

Pas de soi, pas de richesses intimes, pas d’expression de subjectivité. Mais mieux et plus que cela : Le Body, le Self éphémère présentent le rapport au monde de quelque chose qui est là à pleine peau et qui nous entoure d’un monde en tenant toute la place. 

Ces morceaux de corps pendent dans un vide qu’ils absorbent et qui disparait avec eux. Reste le sentiment étrange et familier d’une présence sans nom et sans visage qui joue à la façon des images d’un rêve. 

"Ceci est mon corps"  :  Corps hors de lui, qui ne dit pas une signification. C’est à chaque fois un « ostentum » : quelque chose qui apparait et emporte le regard avec lui, surface et profondeur confondus.

 

Le dessin est lui-même une peau. Là, il est redoublé par ce qu’il présente : peau collée à la peau du dessin. Confusion alors entre la peau, le dessin, le corps. 

Une incarnation par le dehors, encore. Nous sommes là où notre peau rencontre le monde, en surface, écorchés, sans bords. 

Des trous sur les bords par où le corps est emporté - à moins qu’il n’en provienne.  

 

Quelque chose disparait dans son apparition - ou apparait dans sa disparition.

 

Anatomie d’un corps sur une surface exposée, parfois surexposée, comme une photo qui a pris la lumière. Les peaux pendent, mais elles absorbent leur pesanteur : elles flottent plutôt. 

 

Nudité des lambeaux de corps, qui leur redonne leur unité.

Nu, le corps ne se sait pas, c’est une signification à rebours, sans visage. 

La peau tient lieu de visage : ça se présente comme ça, à prendre ou à laisser. ​

​L’impersonnel et l’identité se confondent. Rien n’est raconté.  On dirait les portraits de présences qui ont dépassé le stade du portrait.

Cuirasses, fantômes, doubles de corps en suspens, habits devenus des êtres indépendants. Il y a comme un fantastique d’images-peau devenus autonomes.

Pas de sexes  - et pourtant le sexe brille dans et par son absence dans tout ce qu’on voit. Mais il ne renvoie pas à l’ordre d’une relation. Il est la présence, laissée à elle-même, de ce qui nous est antérieur. Il signale cet «  avant qui ne vient pas de nous ».

 

Un mémento de chair.

 

On pourrait​​ aussi, et peut-être d’abord, insister sur la dimension apotropaïque de ces « images-sculptures » :  elles ont un coté tête de méduse, elles éloignent le funeste et sont protectrices ou elles l’appellent. 

Portrait dessin
Atelier
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Exposition SALO
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